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Des femmes libres

Des femmes libres

Aujourd’hui je suis en colère.

Une colère sourde en moi connectée à cette injonction faite au féminin depuis des siècles de taire sa parole.

En particulier, je voudrais parler des femmes, celle que je suis, celle que nous sommes.

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Aujourd’hui, j’ai terminé le cycle de 6 semaines de mon 1er cercle de femmes.

De ce travail, et de l’évolution en cours sur la planète, j’attire vers moi ces femmes qui ont tu leur parole depuis si longtemps. Je sens cette énergie de leur essence profonde qui veut que leur langue et leur corps se délient.

Et en miroir je sens ma mission, celle que j’ai d’abord mise au service de mon propre cœur, de mon propre corps. Il est venu pour moi le temps de transmettre. Transmettre à celles qui sentent ce besoin de découvrir et d’apprivoiser le son de leur propre voix. Presque malgré elles.

Mais il y a la peur.

La peur de l’inconnu, certes, la peur de perdre, de laisser, de l’abandon, mais il y a aussi la peur de cette partie immature du masculin. Oui, car en face de cette voix, il y a souvent l’homme contrôlant et les représailles. Ce masculin toxique qui ne veut pas perdre, à qui on n’échappe pas.

Alors vient l’ironie, les petits mots invisibles comme des assauts, le contrôle financier, le joug qui a tant de mal à se défaire. Parce que ce masculin là ne sait pas souffrir. Il n’a malheureusement pas appris dans cette société patriarcale, qui est censée le servir (!), à accueillir ses émotions, à supporter la frustration. Les hommes portent aussi collectivement tout ce que les femmes les ont fait souffrir et en particulier les mères toxiques…

Ce que je veux dire aux femmes qui sentent l’appel de leur voix, c’est qu’il y a le choix.

Le choix de s’écouter, de s’aligner et de déployer ses ailes. Les changements que l’on opère sont ceux que notre système nerveux est prêt à accueillir, ni plus, ni moins.

Parce qu’on prend le temps, le temps de se connaitre. Accueillir son féminin c’est arrêter de se pousser en dehors de l’extérieur de sa zone de confort !

Ou alors, il y a le choix également respectable, d’écouter cette voix de loin, il faut alors être dans l’acceptation des compromis potentiels pour arrêter de nourrir la frustration.

Et être heureuses.

Ce que je veux dire aux hommes. Messieurs, le réveil du féminin est aussi votre chance de déployer vos ailes en allant à la rencontre de tout ce qui est mou en vous et en cessant de brandir le dur comme bouclier…

Et être heureux.

Avec mon coeur.
Emmanuelle

Nos enfants, nos enseignants

Nos enfants, nos enseignants

Ce matin, j’ai pris un reset de mon fils de 20 ans. « Tu es toujours sur nos côtes, tu as toujours un truc à dire. » Me renvoyant à cet endroit de moi qui contrôle, qui veut que tout soit parfait, à ses aspects de moi qui nourrissent la co-dépendance, à mon incapacité à laisser être…

Il a bon dos « l’amour » de la mère juive, et de la mère tout court !! Cet amour qui, comme il « s’occupe de », ce fameux « taking care », devient conditionnel.

Ce qui manque à cet « amour » qui contraint, qui interagit sans cesse, c’est le silence que l’on trouve dans l’estime de soi. Oui, dans le silence, il y a tout l’amour qu’on a su se porter à soi-même, toute la capacité à être seul avec soi et regarder l’autre comme un être souverain, libre et imparfait, à la mesure de notre imperfection.

 

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Nous les mères, avons tendance à considérer notre progéniture comme une extension de nous-mêmes, comme une des licences de notre pack office famille !

Tout commence par l’accueil de nous-même, notre capacité à nous aimer telles que nous sommes, à chérir notre imparfaite humanité, à comprendre qu’en regardant ces endroits de nous que nous n’aimons pas, nous nous en libèrerons et pourrons regarder les autres, et notamment nos enfants, sans vouloir les façonner, les sculpter, pour leur bien…

J’aime ces moments où mes enfants, avec leur cœur et leurs convictions, me renvoient une image de moi-même que j’ai vraiment du mal à appréhender. J’aime qu’ils puissent dans le même temps, exprimer ce qui pèse sur eux et leur volonté de me faire grandir. Je trouve une immense disponibilité en moi à accueillir leurs paroles, bien plus qu’avec un conjoint ou un ami.

À mes enfants, mes enseignants, je vois en vous toute la sagesse que vous portez et j’exprime ici mon immense gratitude.

Emmanuelle

Le mensonge au cœur de l’abus

Le mensonge au cœur de l’abus

Les abus, qui par essence sont moralement inacceptables, sont la plupart du temps cachés.

C’est ainsi que les enfants abusés dans leur famille, vivent dans ce mensonge, dans cette distorsion entre la couverture sociale d’une famille apparemment parfaite et le chaos intérieur de cette même cellule.

Ainsi, de façon fractale, leur psychisme rentre en dissociation. Vivre, rire, être performant, et au-dedans, le grand vide, l’immensité de cette souffrance qui apporte tous types de désordres : alimentaires, addictions, sujets à la manipulation…Des vies vécues vides de sens et vides de sens…

Abuser sexuellement un enfant, c’est lui faire croire que le monde est ainsi, que c’est ça l’amour et peut-être même que c’est une histoire d’amour.

Et c’est surtout, le faire taire. C’est l’injonction au silence par la terreur.

Ainsi se crée des êtres immobilisés, étrangers au mouvement. Incapables de passer à l’action, ils  vivent avec cette injonction intérieure, consciente ou inconsciente, de « tu ne bouges pas, sinon…», « tu te tais, sinon… » avec le doigt pointé, le regard transperçant, le ton qui monte, le corps écrasant, évidemment, et la réalité augmentée de toutes ses postures de corps, dans les yeux et le cœur d’un enfant pétrifié qui va s’absenter pour survivre.

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De cette pétrification nait paradoxalement un mouvement incessant et névrotique, celui du trauma. Faire, faire, faire, et surtout ne pas se retourner, ne pas sentir. Ne jamais s’arrêter sous peine de ne plus pouvoir redémarrer…

Et ainsi des vies s’écoulent comme un fleuve sans source, comme des corps sans âmes…comme si de rien n’était.

S’ancrent le mensonge, le silence, et la peur, comme des états d’être.

Pas les petits mensonges de l’enfance mais les immenses mensonges de l’inconscient, ceux que l’on se fait à soi-même, ceux que l’on arrive à se faire croire et cette dissociation qui empêche de sentir et de se dire « ça ne va pas du tout d’agir de la sorte ! ».

C’est ainsi que le drame semé, se reproduit à l’infini, génération après génération, jusqu’à ce que mort s’en suive…

L’heure est venue de ne plus se mentir, de porter sa voix, de dire et se regarder avec bienveillance, compassion, et l’acceptation de nos pires actions passées.

Ne plus être coupable mais responsable de créer et d’écrire son système de valeurs.

Comprendre, pardonner et se pardonner enfin.

Renaître.

With Love
Emmanuelle